Unit testing
Journaux liées à cette note :
Ma cartographie de l'écosystème LLM de mars 2026
Dans cette hub note, j'essaie de cartographier les principaux concepts et composants de l'écosystème LLM, d'en clarifier les relations et d'affiner mon vocabulaire. Les dates et la dimension historique sont volontairement absentes — cette note décrit l'écosystème tel qu'il est en 2026, pas comment il en est arrivé là.
À la base, on trouve les laboratoires de recherche — OpenAI, Anthropic, Mistral AI, DeepSeek, Qwen Team, etc. — qui entraînent et publient les modèles. Ces modèles sont ensuite instanciés par des AI providers — Vertex AI (Google), Bedrock (AWS), Scaleway Generative APIs, chutes.ai, etc — qui les rendent accessibles via une API. La plupart des LLM producers jouent également ce rôle d'AI provider pour leurs propres modèles.
OpenRouter est également un AI provider, mais d'un type particulier : c'est un proxy qui s'intercale devant de nombreux AI providers pour offrir un point d'accès et une facturation unifiés.
Les AI providers instancient des Inference Engines — llama.cpp, vLLM, SGLang, ExLlamaV2, etc. — sur leurs serveurs, en y chargeant les poids d'un LLM.
Ces serveurs coûtent très cher, environ 30 000 € pour des H200, 40 000 € pour des B200, 50 000 € pour des B300. Les GPU de ces serveurs sont gravés par TSMC, tandis que la mémoire HBM est produite principalement par SK Hynix.
Si je simplifie, il existe deux familles de LLM, les modèles denses et les modèles Mixture of Experts (MoE). Ces derniers permettent un coût d'inférence réduit à paramètres totaux équivalents.
Généralement le grand public accède aux AI providers via leurs agents conversationnels web — ChatGPT, Claude, Le Chat, etc.
Les développeurs, eux, connectent leurs applications aux AI provider via une Web API : ces APIs respectaient initialement la convention OpenAI Chat Completions compatible API, mais les APIs ont progressivement divergé.
OpenAI cherche à imposer un standard commun avec Open Responses, tandis qu'Anthropic suit sa propre voie avec sa Messages API.
Beaucoup d'AI providers proposent deux modes de facturation : un abonnement donnant accès à leur agent conversationnel web, et un mode Pay-As-You-Go (à l'usage) donnant accès à leur Web API.
Le texte saisi par l'utilisateur dans un agent conversationnel web est transmis à l'API de l'AI provider au sein d'un prompt, qui contient également le System Prompt (LLM), l'historique de la conversation, et éventuellement du contexte additionnel. La taille maximale de l'ensemble prompt et réponse est nommée context window, exprimée en tokens.
Lorsque l'application enrichit ce prompt avec des données externes — issues d'une base de données vectorielle, d'une base de données relationnelle, d'un moteur de recherche full-text ou d'un moteur de recherche web — on nomme cette technique : RAG (Retrieval-Augmented Generation).
Pour écrire des données dans une base de données vectorielle, il est nécessaire de passer par une étape de vectorisation en utilisant un modèle d'embedding, comme par exemple Cohere Embed v3 multilingual, Voyage AI Text Embeddings ou text-embedding-3-large d'OpenAI. La vectorisation est également requise au moment d'effectuer la requête dans la base de données — avec impérativement le même modèle que celui utilisé lors de l'indexation.
Les modèles d'embedding sont nettement plus légers et économiques qu'un LLM. Ils peuvent être exécutés sur CPU pour des usages courants, sans nécessiter de GPU.
Depuis 2022, les RAG avancés suivent le pattern "Retrieve, rerank, Generate". L'étape de reranking peut être effectuée via deux méthodes :
- Des modèles spécialisés de reranking, comme Cohere Rerank, ou Voyage AI Rerankers, qui sont légers, rapides. Ils prennent en entrée la
queryet la liste de documents candidats et produisent un score de pertinence. - Ou directement des LLMs généralistes, potentiellement plus précis sur des domaines spécifiques non couverts par les données d'entraînement des modèles de reranking, mais plus coûteux en latence et en tokens.
Beaucoup de LLMs ont tendance à moins bien utiliser les informations situées au milieu d'un très long contexte — ce problème est nommé lost in the middle. Cela pénalise notamment les RAG, dont les chunks pertinents injectés en milieu de contexte risquent d'être sous-exploités par le modèle. Certains LLMs modernes comme Gemini 2.5 Pro ou GLM-5 ne sont plus victimes du lost in the middle sur de longs contextes. Jusqu'en 2025, répéter le prompt améliorait les résultats sur les modèles non-raisonnants. La question reste ouverte pour les LLMs de début 2026 : aucune étude publiée ne le confirme ni ne l'infirme à ce jour.
La technique d'activation de raisonnement chain-of-thought (CoT) par prompting sur les LLMs classiques est connue
depuis 2022.
Depuis o1 d'OpenAI en septembre 2024, les modèles sont entraînés spécifiquement pour le raisonnement via RL, on parle de Reasoning Language Model (RLM). L'utilisateur peut contrôler le niveau d'effort de raisonnement via le paramètre effort.
Les modèles Claude Sonnet et Opus 4.x adaptent dynamiquement l'effort de raisonnement en fonction de la complexité de la tâche — Anthropic nomme cela hybrid reasoning.
De nombreux AI provider permettent de configurer des tools qui permettent au modèle d'appeler des fonctions externes. Un tool est décrit sous la forme d'une structure JSON, constituée des champs name, description, input_schema. En fonction du contenu des messages, le LLM peut prendre la décision de demander l'exécution d'un ou plusieurs tools. Cette demande se matérialise dans le JSON de sa réponse (voir exemple).
Il existe deux types de tools :
- des built-in tools, fournis et exécutés par le AI provider — Web search, Web fetch, Code execution, Memory, etc.
- des custom tools, définis par le développeur via le Function calling, dont l'exécution est prise en charge par l'application.
La facturation des built-in tools est généralement incluse dans les abonnements des AI providers. Par contre, elles sont généralement facturées individuellement dans l'offre Pay-As-You-Go.
La majorité des AI providers supportent le standard Structured Outputs d'OpenAI pour garantir une réponse conforme à un JSON Schema précis.
Anthropic, quant à lui, ne supporte pas ce standard mais permet tout de même la génération de réponses structurées en JSON en passant par un tool.
Une application est qualifiée d'AI agent lorsqu'un LLM y prend de façon autonome des décisions en boucle pour atteindre un objectif — en appelant des tools, en consultant des sources via RAG, ou en déléguant à des sous-agents. La boucle s'arrête lorsque l'objectif est atteint ou qu'une intervention humaine est requise. En poussant l'idée, on peut dire qu'un assistant IA conversationnel basique, sans tools ni boucle, est la forme la plus minimaliste d'un AI agent. Les assistants conversationnels modernes comme ChatGPT ou Claude sont quant à eux devenus de véritables agents à part entière.
Les Inference Engines sont par nature stateless — chaque requête est traitée de façon indépendante, sans mémoire des échanges précédents. Certains AI providers proposent néanmoins du prompt caching : lorsqu'une portion du prompt est identique d'une requête à l'autre — même ordre, même contenu, token pour token — elle est mise en cache pour une courte durée, ce qui réduit à la fois la latence et le coût. C'est particulièrement utile pour les AI coding agents, dont les longues boucles agentiques répètent à chaque étape le même system prompt et le même historique de conversation.
Ce système de prompt caching peut être utile aussi pour une application métier qui envoie de nombreuses requêtes différentes partageant toutes le même long system prompt. Plutôt que de retraiter ces tokens à chaque fois, le provider les garde en cache côté serveur. En fonction du contexte d'utilisation de l'application, il est possible de choisir plusieurs durées de cache, par exemple Anthropic propose 5min ou 1h.
À noter que le prompt caching n'est pas un cache logiciel classique au sens applicatif : c'est une optimisation transparente et implicite côté inférence, sans gestion de clés ni invalidation manuelle.
La plupart des AI providers proposent une API asynchrone de type "batch" — exemples : POST /v1/messages/batches pour Anthropic, POST /batches pour OpenAI, ou POST /v1/batch/jobs pour Mistral AI.
Ces APIs sont conçues pour des tâches non temps-réel, avec un délai de traitement pouvant aller jusqu'à 24h, en échange d'une réduction de 50% sur le tarif standard.
Elles disposent par ailleurs de rate limits séparés des quotas synchrones, ce qui permet de soumettre de gros volumes sans impacter les appels temps-réel.
Le protocole MCP standardise la définition, la découverte et l'exécution de tools exposés par des serveurs externes.
Cela permet de connecter un AI agent à des centaines de serveurs MCP sans avoir à écrire la moindre ligne de code.
Cela permet aussi à n'importe quel développeur de publier un serveur MCP pour rendre son service accessible aux AI agents.
La logique est proche des API REST, à la différence que les interfaces MCP sont conçues pour être utilisées par des AI agents plutôt que par des développeurs.
Les AI agents devenant de plus en plus complexes à orchestrer, les développeurs s'appuient sur des frameworks agentiques — Vercel AI SDK, LangGraph, VoltAgent, etc. — pour gérer les boucles, la mémoire, les tools et l'observabilité.
Les développeurs utilisent des AI coding agents dans des agentic coding tools comme Claude Code, OpenCode, etc. Ces agents utilisent massivement les tools et chargent du contexte projet depuis des fichiers AGENTS.md — un standard collaboratif initié par Sourcegraph, OpenAI et Google.
Les AI coding agents peuvent également charger dynamiquement des « compétences » depuis des fichiers SKILL.md, un format introduit par Anthropic.
Lorsqu'il utilise un agentic coding tool comme Claude Code ou OpenCode, le développeur peut choisir quel type d'AI coding agent utiliser selon la nature de la tâche — certains moins coûteux pour les tâches simples, d'autres plus capables pour les tâches complexes. Par exemple pour OpenCode on trouve : agent build, agent plan, agent general, agent explore. Chez Claude Code : agent explore, agent plan, agent general-purpose. Ces agents peuvent également travailler en essaim : un agent orchestrateur décompose le travail et délègue des sous-tâches à plusieurs sous-agents exécutés en parallèle.
Certains agents conversationnels web, comme ChatGPT, Claude, etc., proposent des fonctionnalités de "memory layers" basées sur des tools spécifiques. Ces implémentations restent à ce jour plus opaques et moins puissantes que les services dédiés comme mem0, Graphiti, Letta, etc.
Les services de couche mémoire persistante utilisent généralement une architecture hybride combinant une base de données vectorielle et une base de données de graphe : la base vectorielle stocke des informations sémantiques probabilistes et le graphe stocke des informations symboliques. Ces deux types de données permettent de fournir à un agent IA un meilleur contexte.
Les développeurs peuvent tester leurs prompts et leurs AI agents avec des outils d'évaluation, comme Promptfoo, trulens, etc. Ces outils sont nommés LLM Evals ou harnais (harness). Cela ressemble un peu à des tests unitaires, mais à la différence de ces derniers, qui sont déterministes, les LLM Evals évaluent la qualité des réponses des LLMs de manière probabiliste, généralement en utilisant un LLM-as-a-Judge.
Des laboratoires de recherche en AI privés — OpenAI avec SimpleQA et PaperBench, Google DeepMind avec IFEval et FACTS Grounding, etc. — ou académiques (UC Berkeley avec Chatbot Arena, Princeton avec SWE-bench, Center for AI Safety avec GPQA et HLE) et des communautés (EleutherAI avec le LM Evaluation Harness, Hugging Face avec l'Open LLM Leaderboard) mettent au point des benchmarks pour publier des leaderboards publics. Les créateurs de LLM disposent également de benchmarks internes privés, dont les méthodologies et résultats ne sont pas communiqués de manière transparente.
2026-03-12 : des petites erreurs ont été corrigées et j'ai ajouté 7 paragraphes (détail des changements).
J'ai découvert Promptfoo qui permet de faire du LLM Eval
Cette note a été partiellement écrite fin novembre 2025 et publiée 3 mois plus tard, fin février 2026.
Souhaitant améliorer mes prompts et combler mes lacunes en prompt engineering, je me suis mis à chercher des outils permettant de pratiquer quelque chose qui ressemblerait au Test driven development appliqué à la conception de prompts.
Via Claude Sonnet 4.5, #JaiDécouvert Promptfoo (https://github.com/promptfoo/promptfoo), un framework Javascript permettant notamment de faire du LLM Eval.
Cela fait plusieurs mois que je croise l'expression LLM Eval, sans avoir jamais pris le temps de comprendre ce que ce concept signifie précisément.
D'après ce que j'ai compris, la différence essentielle entre Unit testing et LLM Eval, c'est que les tests unitaires sont déterministes, alors que la qualité des réponses des LLM est évaluée de manière probabiliste.
Je compte créer un playground Promptfoo connecté à plusieurs modèles LLM dans les semaines à venir.
Stratégie de grosse mise à jour de dépendances
Un ami m'a posé la question suivante :
Imaginez-vous face à un projet React avec des dépendances fortement obsolètes, fonctionnant sur une version de Node datant d’il y a cinq ans. En plus, il n’existe aucun test automatisé, qu'il s'agisse de tests unitaires ou d'intégration. Vous êtes contraint de réaliser cette mise à jour, car elle bloque les futurs développements et entraîne une accumulation excessive de dette technique. Quelle serait votre approche dans cette situation ?
- Affronter le problème de front : On prend le taureau par les cornes, on met tout à jour d’un coup, quitte à rencontrer des breaking changes ou des bugs non anticipés, que l’on corrigera rapidement (option rapide mais risquée).
- Prudence avant tout : On commence par ajouter des tests sur les parcours critiques, puis on met à jour les dépendances une par une, même si cela prend plus de temps (option lente mais sécurisée).
- Déléguer la décision : Ce n’est pas à moi de décider. Je présente ces options aux responsables et leur laisse la décision finale.
Avant de pouvoir répondre à cette question, j'ai besoin de déterminer la criticité business de cette application.
Est-ce que les décideurs acceptent que l'application puisse être en panne pendant 1 heure ? 1 jour ? 3 jours ? Ou aucune interruption n'est-elle tolérée ?
Si la réponse est "moins de 24 heures", alors je considère que l'application est critique.
Ensuite j'ai besoin de savoir si la mise à jour du projet peut être réaliser de manière iso-fonctionnelle (sans changement fonctionnel), sans changement d'User Interface et sans changement du modèle de donnée.
Si la réponse est positive, cela signifie qu'il sera facile de revenir à la version précédente en cas de problème, ce qui simplifie grandement le processus de refactoring.
Une de mes premières actions concrètes serait de "dockeriser" le projet pour faciliter son déploiement et permettre un retour rapide à une version antérieure si nécessaire.
Une autre question importante : d'autres développeurs interviendront-ils sur le projet pendant la période de refactoring ? Est-ce que des corrections de bugs ou de nouvelles fonctionnalités doivent être intégrées durant cette période ?
Si la réponse à l'une de ces questions est "oui", je recommande de dupliquer le projet dans deux dossiers distincts au sein d'un monorepo :
- Le premier dossier contiendra la version actuelle de l'application.
- Le second dossier contiendra la version en cours de refactoring.
Pendant toute la durée du refactoring, les corrections de bugs et les nouvelles fonctionnalités devront être appliquées aux deux versions.
Dans tous les cas, pour ne pas perdre pied, j'essaierai de mettre à jour l'application petit à petit.
Je commencerai par essayer de mettre à jour toutes les versions mineures des packages.
Ensuite, j'essaierai de me renseigner sur les breaking changes des mises à jour majeures des packages.
Ma réponse si l'application est critique
Si l'application est critique, alors il est inacceptable que les utilisateurs découvrent eux-mêmes les bugs et doivent contacter le support pour signaler les problèmes.
Si l'application ne comporte aucun test, je suppose qu'elle est testée manuellement et que son périmètre fonctionnel reste limité.
L'une de mes premières actions serait de définir un ou plusieurs scénarios de tests manuels prioritaires, que je ferais valider par les décideurs.
Ensuite, je proposerai aux décideurs d'envisager le développement de quelques tests fonctionnels automatisés. Une décision rationnelle à ce sujet dépendrait du temps nécessaire pour effectuer ces tests manuellement et, encore une fois, de la criticité business de l'application.
Enfin, je mettrai en place un système de déploiement progressif, de type A/B testing, permettant de déployer la nouvelle version de l'application à un nombre très restreint d'utilisateurs dans un premier temps.
Ma réponse si l'application est non critique
Si, d'un point de vue business, il est acceptable que les utilisateurs découvrent les bugs, alors je n'implémenterai pas de tests automatisés.
Je définirai tout de même quelques scénarios de tests manuels que le développeur seul exécutera.
Si cela ne demande pas trop de temps, je mettrai en place un système de déploiement progressif, tel que l'A/B testing, permettant de déployer la nouvelle version de l'application à un nombre restreint d'utilisateurs dans un premier temps.